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Un monde étrange

  • Marché, et libre

    Mardi dernier, au cours d'un congrès à Geneve, j'ai suivi la conférence d'un intervenant anglais qui évoquait le rapport bancal que peut entretenir la France avec le libre marché. Son propos m'a particulièrement parlé, car ce qu'il a dit est entré en résonance avec ce que je peux observer presque chaque jour dans les médias. De manière générale, le reproche le plus virulent qui est fait au libre marché en France porte sur le processus organisationnel de ce marché, sur la manière dont s'y rencontre le succès. Dans ce système, ce n’est pas celui qui s'exprime ou écrit le mieux qui s’enrichit : c'est celui qui parvient à prévoir au mieux les besoins du « marché » qui remporte la mise. En somme, il suffit d’avoir la bonne idée au bon moment et de savoir convaincre le marché. Et ce constat inspire chez de nombreux intellectuels du ressentiment. On le remarque dans leurs propos, dans leur allure souvent condescendante par rapport aux personnes qui ont connu le succès grâce au libre marché. Connaître le succès en répondant aux attentes du « marché » est selon eux interprété comme de la cupidité. Alors qu'avoir un projet artistique est perçu comme un hommage au plus grand des sentiments humains : l’esprit. En toute logique, donc, le fait qu’un inventeur devienne infiniment riche grâce à un nouveau gadget, alors qu’un artiste émérite a du mal à percer, est jugé par la plupart des intellectuels comme une injustice intolérable. En France, cette approche a trouvé un large terreau. Presque toute l'intelligentsia méprise « le libre marché » pour cette raison. En hissant la «popularité » au rang de critère de succès, le libre marché seconderait selon eux l'abrutissement de la société : un monde où la culture se déshonorerait dans un bourbier de mauvais goût, qui plus est devenu une norme. Ces individus sont donc peut-être consternés à l’idée qu’un Chinois fasse ses courses dans un Tesco, trouve ses meubles chez Ikea, et boive du café africain dans la chaîne américaine Starbucks. Mais le plus important est là : par l'entremise du libre marché, tout individu est en droit de procéder à ses propres choix, et se voit offrir la possibilité de s'enrichir, même sans une grande instruction. Plus je repense aux propos de ce congrès, et plus je suis convaincu que c'est cette chape de plomb élitiste opposée au libre marché qui contribue à donner une image immobiliste de la France à l'étranger. Pour plus d'informations, allez sur le site de l'organisation du séminaire en Suisse et retrouvez toutes les infos.

  • Le risque cyber est « évolutif », alors que le risque industriel est « stable »

    L’événement propre au risque Industriel est intrinsèquement stable par nature : un incendie reste un incendie, une explosion reste une explosion, un bris de machine reste un bris de machine, une tempête reste une tempête, une erreur de conception reste une erreur de conception… A l’inverse, le risque Cyber est évolutif par nature. Nous ne pouvons pas anticiper ce que seront demain ni ses origines, ni ses conséquences. Il évolue sans cesse depuis le développement du numérique. Aux risques informatiques des années 80/90 et la crainte du virus se sont substitués les risques digitaux et les menaces Cyber. Tentaculaire, le numérique a infiltré progressivement tous les secteurs d’activité. Il interconnecte tous les acteurs de l’économie et les rend de fait interdépendants. L’évolution permanente du secteur numérique est telle qu’il est impossible de se projeter à plus de 10 ans. Dans quel monde vivrons-nous avec le déploiement de l’Intelligence Artificielle, les Smart City, les transports autonomes ? Évolutif, le risque Cyber est aussi mouvant, multiple et multiforme. Il en est de même au niveau des menaces, crimes organisés, concurrents, états, pirates informatiques ; comme au niveau des motivations, financières, espionnage ou simple volonté de nuire. Il est pour l’essentiel attaché à la malveillance aux motivations très diverses. Comment, dans ces conditions, pouvoir prétendre maîtriser ce risque ? La maîtrise ne peut être qu’éphémère, car mise à mal par l’évolution permanente des organisations, des systèmes d’informations et la mise en lumière de nouvelles vulnérabilités révélées du fait de moyens d’attaques de plus en plus puissants.

  • Tel est pris qui croyait prendre

    C'est un monde bien étrange que le nôtre. C'est la réflexion que je me fais chaque jour lorsque je consulte le fil d'actualité. Il y a toujours une news pour me surprendre, me choquer, faire vaciller mes certitudes. La dernière en date concerne Donald Trump. J'avais fini par croire que rien ne pouvait le déstabiliser ou le berner. Ni l'affaire de l'ingérence russe, ni l'affaire Stormy Daniels, ni la pression internationale, ni les menaces d'aucune sorte. Mais il semblerait qu'il ait trouvé son maître en la matière. Kim Jong-Un, qui lui a tendu pendant un instant la main, a été plus fort que son homologue américaine. Trump voulait tellement réussir là où Obama avait échoué qu'il s'est engouffré dans la brèche. Pire, il a même commencé à fanfaronner en annonçant sa prochaine victoire éclatante : il serait celui qui aurait réussi à dénucléariser la Corée du Nord.

    Sauf qu'évidemment, le leader coréen n'a aucune intention de faire une telle chose. Acquérir le feu nucléaire était le rêve de son père, et rien ni personne ne le fera changer d'avis. Ses mains tendues, comme ses multiples provocations, ne visent qu'à une seule chose : temporiser et déstabiliser ses adversaires jusqu'à atteindre son objectif. Trump a beau berner la planète entière, il s'est cette fois fait berner dans les grandes largeurs.